Lorsque, en septembre 1792, les troupes ennemies se trouvaient aux portes de Paris, la rumeur se répandit que les royalistes voulaient exercer une vengeance sanglante contre les révolutionnaires en cas d’invasion. La foule prit alors d’assaut les prisons. D’abord, le mob surexcité massacra les ennemis de la Révolution emprisonnés, puis également des détenus de droit commun. Danton en tant que ministre de la Justice compétent n’intervint pas. Dans la chaleur de la situation politique – le roi venait d’être renversé et la République n’était pas encore officiellement fondée – le bain de sang convenait à certains hommes politiques. Il plongeait en effet les adversaires de la Révolution dans la peur et la terreur. Marat se vanta plus tard que le peuple avait répondu à son appel à la vengeance.
1792
2 septembre 1792 · Verdun tombe. À Paris, cette nouvelle attise la peur d’une invasion ennemie. Des groupes isolés prennent d’assaut les prisons de l’Abbaye et des Carmes et tuent de nombreux détenus.
3 septembre 1792 · Les massacres s’étendent. Des tribunaux improvisés interrogent les prisonniers en procédure accélérée. En cas de condamnation, ils sont livrés à la foule meurtrière. La princesse de Lamballe est décapitée après un interrogatoire dans la prison de la Petite-Force.
4 septembre 1792 · Même les criminels de droit commun deviennent désormais victimes de la colère populaire. À la Salpêtrière, de nombreuses femmes trouvent la mort. Les meurtres suivent toujours le même schéma : brefs interrogatoires, puis exécution dans la cour de la prison.
5 septembre 1792 · La violence reflue. Seul le tribunal de la prison de La Force continue encore de siéger.
6 septembre 1792 · Le tribunal de la prison de La Force cesse son activité. C’est la fin des massacres de Septembre. Au total, plus de mille personnes ont été assassinées.
Citations
Quand la justice fait défaut, le peuple a le devoir de se faire lui-même juge. Danton immédiatement avant le début des massacres à Paris.
Peuple, tu tues tes ennemis ! Tu ne fais que ton devoir ! Billaud-Varenne
Le peuple a obéi à ma voix. Il a sauvé la France en s’accordant lui-même des pouvoirs dictatoriaux pour tuer les traîtres. Marat à la Convention nationale. Cette déclaration provoqua une tempête d’indignation.