Lorsque l’on évoque les membres du Comité de salut public, le nom de Prieur de la Côte-d’Or vient généralement en dernier, quand il est mentionné. Pourtant, il compte parmi les pères fondateurs de la République française telle que nous la connaissons aujourd’hui. Aux côtés de Carnot, Prieur contribua largement aux victoires des armées françaises en organisant la production de salpêtre et la fabrication d’armes — une tâche titanesque en pleine Révolution et en temps de guerre. Il participa également à la fondation de ce qui allait devenir l’École polytechnique. Pour Prieur, une république ne pouvait subsister sans enseignement public. Il joua aussi un rôle majeur dans l’introduction du système métrique, une réforme qui façonne encore notre quotidien.
22 décembre 1763 · Naissance à Auxonne, fils d’un fonctionnaire des finances. Il reçoit ensuite une formation d’officier du génie à l’École du génie de Mézières.
Janvier 1793 · En tant que député, il vote la mort de Louis Capet.
Juin 1793 · Envoyé en mission à Caen avec le député Gilbert Romme contre les Girondins. Tous deux sont retenus en otages et libérés après 51 jours, à la suite de la défaite des fédéralistes à Vernon.
Août 1793 · Élu au Comité de salut public. Avec Carnot, il organise la défense du pays. Il s’occupe notamment de la production de poudre à canon.
27 juillet 1794 · Il accueille favorablement la révolte de la Convention contre Robespierre, mais défend ensuite aussi la politique des comités pendant la Terreur.
6 octobre 1794 · Prieur quitte le Comité de salut public.
7 avril 1795 · Après un rapport de Prieur, la Convention nationale adopte la loi instituant le système métrique.
Juin 1795 · Prieur participe à la fondation de l’École polytechnique.
12 janvier 1816 · La loi dite « des régicides » bannit les députés qui ont voté la mort de Louis XVI et soutenu Napoléon pendant les Cent-Jours. Malgré son vote de janvier 1793, Prieur n’est pas banni.
11 août 1832 · Mort à Dijon.
Claude-Antoine Prieur a vécu jusqu’à l’âge de 68 ans.
Citations
Je condamne Louis à la mort. Vote de Prieur au procès du roi, janvier 1793
La République, mon très cher maître, vient encore une fois d’être sauvée. Prieur à son maître et ami Guyton, 10 thermidor an II (28 juillet 1794)
Un des pères fondateurs, malheureusement un peu méconnu, de l’Ecole polytechnique. Emmanuel Grison, Bulletin de la SABIX, 1992