Le 2 juin 1793, la lutte pour le pouvoir entre les députés libéraux-conservateurs de la Gironde et la Commune révolutionnaire de Paris trouva son dénouement. Les sans-culottes parisiens bénéficièrent du soutien des Montagnards autour de Robespierre. Les insurgés exercèrent une pression militaire sur la Convention afin de lui faire décréter l’arrestation de 29 députés. Une violation manifeste du droit. Mais la Révolution obéissait désormais à ses propres lois. À la fin, la Gironde n’était pas la seule à avoir été éliminée : la Convention nationale elle-même avait perdu une grande partie de son pouvoir politique. Le 2 juin marqua une nouvelle étape vers la Terreur. Dans les mois qui suivirent, les Jacobins, la Commune de Paris et le Comité de salut public dominé par les Montagnards déterminèrent la politique.
1793
18 mai 1793 · La Convention crée, à l’initiative des Girondins, une Commission des Douze chargée d’enquêter sur de supposées violations de la loi par la Commune de Paris et les sections.
24 mai 1793 · La Commission des Douze fait arrêter Jacques-René Hébert et deux autres révolutionnaires de gauche.
25 mai 1793 · Des représentants de la Commune de Paris réclament à la Convention la libération d’Hébert. Le président de la Convention Isnard menace la Commune de la destruction de Paris si l’on s’en prend aux députés de la Convention.
27 mai 1793 · Des sans-culottes armés avancent jusqu’à la Convention. Sous la pression, la Convention décide la libération des prisonniers et la dissolution de la Commission des Douze.
28 mai 1793 · Les Girondins obtiennent à la Convention l’annulation de la décision supprimant la Commission des Douze. C’est le déclencheur de l’insurrection de la Commune. Dans les jours suivants, les sections nomment des commissaires dotés de pouvoirs étendus. Hanriot devient commandant de la Garde nationale.
31 mai 1793 · L’insurrection de la Commune commence au son du canon d’alarme et du tocsin. Finalement, la Convention supprime de nouveau la Commission des Douze. Les insurgés exigent l’arrestation des Girondins.
1 juin 1793 · La Convention exige des preuves contre les députés accusés et repousse ainsi la décision. Les insurgés se résolvent à une action plus déterminée le lendemain.
2 juin 1793 · Des insurgés et des gardes nationaux encerclent la Convention. Les Montagnards radicaux exploitent les menaces venues des tribunes pour faire placer en résidence surveillée 29 députés girondins et deux ministres girondins.
Citations
Oui, je vais conclure, et contre vous ! Robespierre à Vergniaud, 31 mai 1793
Que demande le peuple ? La Convention n’est occupée que de son bonheur. Le président de la Convention Hérault de Séchelles face à Hanriot, 2 juin 1793
Canonniers, à vos pièces ! Hanriot, commandant provisoire de la Garde nationale, 2 juin 1793